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Pas très transparent, tout ça
Il ne se doutait pas non plus qu´il y aurait pénurie de verre quelque 112 ans plus tard et que les vignerons européens allaient trinquer pour embouteiller leurs vendanges. On parlait même, en juin 2007, d´un manque global pouvant atteindre un milliard et demi de bouteilles! Pénurie? Non seulement le mot est-il coincé dans le dictionnaire entre «pénultième» et «péon», mais il est aussi coincé, dans la réalité saisonnière, pour ne pas dire dans la gorge des vignerons, entre «panique» et «peut-on savoir?». Car il y avait panique en la demeure et des questions en suspens l´automne dernier, par exemple chez nos amis alsaciens, en manque de trois millions de flacons pour couvrir la récolte avec, au final, une hausse de 8 % du prix de la flûte au long col. Certains esprits tordus doublés de délires paranoïaques, qui désirent conserver l´anonymat sous peine de recevoir la gifle diffamatoire qu´ils méritent, parlaient même de collusion entre les géants du verre visant à raréfier le produit et à... faire monter les enchères. Mais ne sautons pas ainsi aux conclusions sur cet éventuel manque de transparence. Voyons plutôt les faits. Deux gros joueurs monopolisent le marché du verre: l´entreprise américaine Owens-Illinois et la française Saint-Gobain. S´il faut ajouter les 100 millions de bouteilles par jour de la première aux 30 milliards de bouteilles (incluant pots et flacons) par année de la seconde, rien ne laisse croire que le retour des amphores en terre cuite pour loger le vin est pour demain. Sur le terrain, pourtant, effet de concentration oblige, avec baisse des prix à la clé, seules ces grosses structures peuvent tabler sur les économies d´échelle pour tirer leur épingle du jeu. La demande serait la grande responsable, semble-t-il, avec, pour les six premiers mois de 2007 seulement, une croissance européenne en volume pour les bouteilles de plus de 6 % qu´en 2006. Un mois d´avril très chaud favorisant une demande accrue de verres pour la bière et d´autres boissons, ainsi que des prévisions de vendanges précoces avec anticipation d´approvisionnement de bouteilles par les vignerons pour faire face à la musique, seraient en partie responsables de ladite pénurie. Un peu facile, tout ça. Cela apparaît même curieux quand on sait que Saint-Gobain mettait en branle pour la même période, en Argentine cette fois, sa nouvelle usine pouvant livrer 500 000 bouteilles par jour, de quoi alléger le marché chilien, qui écoule de cinq à six cents millions de cols par année. À moins que ce ne soit les rachats successifs au cours des dernières années d´une multitude de petites compagnies verrières, pour être aussitôt fermées par le numéro un mondial, qui mettraient de la pression sur l´offre. Je ne suis pas économiste, mais il me semble qu´il y a anguille sous verre. Moi, à votre place, je m´inquiéterais. Surtout si vous passez prochainement une commande chez votre optométriste! 13.08.2008, OI / Ledevoir.com News material on the Site is copyright and belongs to the Company or to its third party news provider, and all rights are reserved. Any User who accesses such material may do so only for its own personal use, and the use of such material is at the sole risk of the User. Redistribution or other commercial exploitation of such news material is expressly prohibited. Where such news material is provided by a third party, each User agrees to observe and be bound by the specific terms of use applying to such news material. We do not represent or endorse the accuracy or reliability of any of the info contained in any news or external websites referred to in the news.
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